Le neurofeedback peut-il aider le trouble neurologique fonctionnel ?

Conceptual illustration of brain network activity in functional neurological disorder

Découvrez comment le neurofeedback peut aider les personnes atteintes de trouble neurologique fonctionnel (TNF, ou FND) et apprenez-en plus sur les recherches émergentes concernant les réseaux cérébraux.

Aperçu.

Le trouble neurologique fonctionnel est l’une des affections neurologiques les plus couramment rencontrées en pratique clinique. Malgré l’absence de lésions cérébrales structurelles, les personnes atteintes de TNF peuvent présenter des symptômes invalidants tels que des difficultés motrices, des altérations sensorielles et des crises fonctionnelles. Alors que les chercheurs continuent d’explorer les mécanismes cérébraux impliqués, le neurofeedback suscite un intérêt croissant comme moyen de soutenir l’autorégulation et la plasticité cérébrale. Que dit la science sur le neurofeedback pour le TNF ? Regardons-y de plus près.

Points clés.

Le trouble neurologique fonctionnel (TNF) affecte le fonctionnement du cerveau plutôt que sa structure physique.

Les symptômes peuvent inclure des difficultés motrices, des crises fonctionnelles, des changements sensoriels et des troubles cognitifs.

La recherche suggère que des altérations au sein des réseaux cérébraux à grande échelle, tels que le réseau du mode par défaut (Default Mode Network), le réseau de saillance (Salience Network) et le réseau de contrôle exécutif (Executive Control Network), pourraient jouer un rôle dans le TNF.

Le neurofeedback n’est pas un remède pour le trouble neurologique fonctionnel, mais un outil complémentaire potentiel au sein d’approches de soins multidisciplinaires pour soutenir l’autorégulation et la connectivité fonctionnelle.

Neuromind associe les neurosciences, la réalité virtuelle et les technologies de neurofeedback pour explorer la modulation personnalisée des états cérébraux.

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Qu’est-ce que le trouble neurologique fonctionnel (TNF) ?

Portrait of neurologist Mark Hallett, founder of the Functional Neurological Disorder Society
Mark Hallett, fondateur de la Functional Neurological Disorder Society en 2018. Crédit photo de l’article Functional Neurological Disorder, Reframed par Molly McDonough pour Harvard Medicine [2].

Un trouble du fonctionnement cérébral, et non de sa structure.

Le trouble neurologique fonctionnel est une affection dans laquelle les individus présentent des symptômes neurologiques qui ne peuvent pas être entièrement expliqués par des lésions structurelles du système nerveux. Cependant, les symptômes sont réels, involontaires et souvent très invalidants.

L’incidence du TNF a été estimée à 10-22/100 000, tandis que la prévalence minimale du TNF a été estimée à 80-140/100 000, avec une fourchette possible de 50-1600/100 000. L’incidence du TNF pédiatrique a été estimée entre 1 et 18/100 000 [1].

Le TNF n’était pas un diagnostic officiel jusqu’en 2013, date à laquelle il est apparu dans la cinquième édition du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5) [2]. Historiquement désigné sous le terme de « trouble de conversion », le TNF est aujourd’hui reconnu comme une affection neurologique distincte impliquant des altérations du fonctionnement cérébral plutôt que de l’anatomie du cerveau [3].

Bien que les causes exactes du TNF fassent encore l’objet d’investigations, les chercheurs considèrent de plus en plus cette affection sous l’angle des neurosciences des réseaux, en explorant comment les perturbations de la communication entre les régions cérébrales peuvent contribuer aux symptômes [4].

Les symptômes du TNF.

Le TNF peut affecter le mouvement, les sensations, la cognition et la conscience, avec des symptômes tels que [5] :

faiblesse fonctionnelle des membres ;

tremblements, mouvements anormaux et crises de chute fonctionnelles (drop attacks) ;

troubles de la marche ;

crises fonctionnelles, également appelées crises dissociatives ;

troubles sensoriels ;

spasmes faciaux fonctionnels et tics ;

difficultés d’élocution et de déglutition ;

étourdissement perceptif postural persistant (PPPD) ;

brouillard mental et problèmes de concentration ;

symptômes dissociatifs ;

fatigue persistante ;

modifications des fonctions vésicales et intestinales ;

troubles cognitifs.

Pour mieux comprendre le fonctionnement du TNF, on peut imaginer le cerveau comme un ordinateur. Il n’y a aucun dommage au niveau du matériel (hardware) ou de la structure, mais le programme qui fait fonctionner l’ordinateur ne marche pas correctement.

Diagram of large-scale brain networks involved in functional neurological disorder
Illustration tirée de l’étude Diagnosis and management of functional neurological disorder [7].

Comment le fonctionnement cérébral est altéré.

Vivre avec un trouble neurologique fonctionnel peut être accablant, car la plupart des examens reviennent normaux alors même que votre corps exprime le contraire. Les jambes peuvent refuser de bouger, les mains trembler ou la vision se troubler. L’absence de lésions visibles à l’IRM peut amener à douter de la réalité de cette expérience.

Les neurosciences lèvent progressivement le voile de la confusion et de l’isolement, en montrant que le problème réside dans la façon dont les réseaux cérébraux communiquent entre eux plutôt que dans des lésions physiques.

Les études modernes de neuroimagerie suggèrent que le TNF implique des altérations dans les réseaux responsables de l’attention, du traitement des émotions, du contrôle moteur et de la conscience de soi [6].

Certains chercheurs décrivent le TNF comme un trouble de la prédiction et de la perception. Dans la vie quotidienne, le cerveau prédit constamment les informations sensorielles et compare ces prédictions avec les signaux provenant du corps. Lorsque ces processus sont perturbés, les mouvements, les sensations ou les symptômes peuvent être ressentis comme involontaires, bien que les voies motrices sous-jacentes restent intactes [4][6].

Les chercheurs ont identifié des différences de connectivité entre les régions impliquées dans :

la planification et l’exécution des mouvements ;

le traitement des émotions ;

la détection de la saillance ;

la pensée autoréférentielle ;

le sentiment d’agentivité (sense of agency).

Le sentiment d’agentivité fait référence à la sensation d’initier et de contrôler nos propres actions. Certaines études suggèrent qu’un traitement altéré au sein de ces réseaux pourrait contribuer au décalage entre l’intention et le mouvement souvent observé dans le TNF [6].

Les réseaux cérébraux à grande échelle tels que le Réseau du Mode par Défaut (DMN), le réseau de saillance (Salience Network) et le réseau de contrôle exécutif (Executive Control Network) sont devenus des domaines de recherche de plus en plus importants. Ces réseaux aident à coordonner les pensées internes, l’attention et les réponses comportementales, ce qui en fait des cibles pertinentes pour de futures approches de neuromodulation.

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Qu’est-ce que la thérapie par neurofeedback pour les affections neurologiques ?

Un entraînement en temps réel de l’activité cérébrale.

Le neurofeedback est une forme de biofeedback qui fournit aux individus des informations en temps réel sur leur activité cérébrale. Pendant une séance, des capteurs EEG enregistrent les signaux électriques produits par le cerveau et les convertissent en un retour d’information (feedback) visuel, auditif ou immersif.

En observant ces signaux, les participants peuvent apprendre à reconnaître et à reproduire des schémas spécifiques d’activité cérébrale associés à l’attention, la relaxation ou la régulation émotionnelle. Le principe sous-jacent repose sur la neuroplasticité et le conditionnement opérant (operant learning) : la capacité du cerveau à adapter son activité grâce à une pratique répétée [8].

Les chercheurs ont exploré le neurofeedback à travers un large éventail d’affections, notamment :

les troubles de l’attention ;

l’anxiété et la dépression ;

la douleur chronique ;

les traumatismes crâniens ;

la rééducation après un AVC ;

les maladies neurodégénératives ;

les symptômes neurologiques fonctionnels.

Bien que les preuves varient selon l’affection et le protocole utilisé, le neurofeedback continue de susciter de l’intérêt en tant que méthode non invasive pour soutenir l’autorégulation et l’entraînement cérébral [9]. Le neurofeedback a également été étudié dans le cadre de maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer.

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Comment fonctionne le neurofeedback pour atténuer les symptômes des troubles neurologiques ?

Améliorer l’autorégulation du cerveau.

Le neurofeedback ne traite pas directement les symptômes du trouble neurologique fonctionnel à la manière d’un médicament. Il cherche plutôt à améliorer la capacité du cerveau à réguler sa propre activité.

Cette compréhension basée sur les réseaux aide à expliquer pourquoi le neurofeedback pour le TNF suscite un intérêt scientifique croissant. Si les symptômes sont associés à des altérations de l’attention, de l’auto-surveillance, de la régulation émotionnelle ou du sentiment d’agentivité, alors l’entraînement des réseaux neuronaux impliqués dans ces processus pourrait offrir de nouvelles pistes de recherche.

Le processus comprend généralement trois étapes clés :

Mesurer l’activité cérébrale en temps réel.

Fournir un retour d’information immédiat à l’utilisateur.

Renforcer les états cérébraux souhaités grâce à un entraînement répété.

Avec le temps, ces expériences d’apprentissage répétées peuvent encourager des changements adaptatifs dans les réseaux neuronaux impliqués dans l’attention, la régulation émotionnelle et le contrôle cognitif [8].

Pour les troubles neurologiques caractérisés par une activité cérébrale dérégulée ou une communication réseau altérée, les chercheurs émettent l’hypothèse que le neurofeedback pourrait aider à améliorer la connectivité fonctionnelle et les mécanismes d’autorégulation [10].

Diagram of the neurofeedback loop measuring brain activity and delivering real-time feedback
La boucle de neurofeedback : l’activité cérébrale est mesurée, renvoyée à l’utilisateur en temps réel et renforcée par un entraînement répété.
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Neuromind : une solution de neurofeedback en VR pour les conditions cliniques où la dynamique des états cérébraux joue un rôle central

Explorer les états cérébraux, pas seulement les fréquences.

Plutôt que de se concentrer exclusivement sur des fréquences EEG isolées, Neuromind explore ces schémas dynamiques d’activité, souvent appelés états cérébraux. Comprendre comment ces états émergent et transitent au fil du temps peut fournir une image plus riche du fonctionnement cérébral que l’analyse de signaux uniques pris isolément.

Un accent particulier est mis sur le Réseau du Mode par Défaut (DMN), un réseau associé à la conscience de soi, à l’introspection et aux processus mentaux internes. Des altérations au sein du DMN ont été rapportées dans plusieurs affections neurologiques et psychiatriques, ce qui en fait une cible particulièrement intéressante pour la recherche en neuromodulation.

Le neurofeedback combiné à la réalité virtuelle offre une expérience engageante et personnalisée. À mesure que l’activité cérébrale d’un participant se déplace vers un état ciblé associé à l’attention ou à la régulation émotionnelle, l’environnement virtuel devient plus lumineux, plus stable ou plus gratifiant.

Bien que le neurofeedback pour le trouble neurologique fonctionnel ne doive pas être considéré comme un remède, les recherches croissantes sur la régulation des états cérébraux et la neuromodulation ouvrent de nouvelles voies pour comprendre et potentiellement accompagner les personnes vivant avec des symptômes fonctionnels.

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Il n’existe actuellement aucun traitement unique qui convienne à toutes les personnes atteintes de TNF. La prise en charge implique généralement une approche multidisciplinaire qui peut comprendre de la kinésithérapie, de l’ergothérapie, des médicaments, une prise en charge psychologique, ainsi que de l’orthophonie [11]. Le traitement le plus approprié dépend des symptômes, des besoins et de la présentation clinique de l’individu.

Références

[1] Finkelstein SA, Diamond C, Carson A, Stone J. Incidence and prevalence of functional neurological disorder: a systematic review. J Neurol Neurosurg Psychiatry. 2025 Mar 24;96(4):383-395. doi: 10.1136/jnnp-2024-334767. PMID: 39663114; PMCID: PMC12015090.

[2] Molly McDonough, Functional Neurological Disorder, Reframed, Harvard Medicine, the magazine of Harvard medical school, november 2025.

[3] Stone J, Carson A, Duncan R, Roberts R, Warlow C, Hibberd C, Coleman R, Cull R, Murray G, Pelosi A, Cavanagh J, Matthews K, Goldbeck R, Smyth R, Walker J, Sharpe M. Who is referred to neurology clinics?--the diagnoses made in 3781 new patients. Clin Neurol Neurosurg. 2010 Nov;112(9):747-51. doi: 10.1016/j.clineuro.2010.05.011. Epub 2010 Jun 19. PMID: 20646830.

[4] Perez DL, Nicholson TR, Asadi-Pooya AA, Bègue I, Butler M, Carson AJ, David AS, Deeley Q, Diez I, Edwards MJ, Espay AJ, Gelauff JM, Hallett M, Horovitz SG, Jungilligens J, Kanaan RAA, Tijssen MAJ, Kozlowska K, LaFaver K, LaFrance WC Jr, Lidstone SC, Marapin RS, Maurer CW, Modirrousta M, Reinders AATS, Sojka P, Staab JP, Stone J, Szaflarski JP, Aybek S. Neuroimaging in Functional Neurological Disorder: State of the Field and Research Agenda. Neuroimage Clin. 2021;30:102623. doi: 10.1016/j.nicl.2021.102623. Epub 2021 Mar 11. PMID: 34215138; PMCID: PMC8111317.

[5] Scottish Government, NHS inform, Functional neurological disorder, march 2026.

[6] Edwards MJ, Adams RA, Brown H, Pareés I, Friston KJ. A Bayesian account of 'hysteria'. Brain. 2012 Nov;135(Pt 11):3495-512. doi: 10.1093/brain/aws129. Epub 2012 May 28. PMID: 22641838; PMCID: PMC3501967.

[7] Aybek S, Perez D L. Diagnosis and management of functional neurological disorder BMJ 2022; 376 :o64 doi:10.1136/bmj.o64

[8] Ros T, J Baars B, Lanius RA, Vuilleumier P. Tuning pathological brain oscillations with neurofeedback: a systems neuroscience framework. Front Hum Neurosci. 2014 Dec 18;8:1008. doi: 10.3389/fnhum.2014.01008. PMID: 25566028; PMCID: PMC4270171.

[9] Enriquez-Geppert S, Huster RJ, Herrmann CS. EEG-Neurofeedback as a Tool to Modulate Cognition and Behavior: A Review Tutorial. Front Hum Neurosci. 2017 Feb 22;11:51. doi: 10.3389/fnhum.2017.00051. PMID: 28275344; PMCID: PMC5319996.

[10] Marzbani H, Marateb HR, Mansourian M. Neurofeedback: A Comprehensive Review on System Design, Methodology and Clinical Applications. Basic Clin Neurosci. 2016 Apr;7(2):143-58. doi: 10.15412/J.BCN.03070208. PMID: 27303609; PMCID: PMC4892319.

[11] National Institute of Neurological Disorders and Stroke. Functional Neurological Disorder clinical guidance.

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